Il y a d’autres choix essentiels dans son travail :
Le tour de potier tout d’abord. C’est un choix difficile car il pourrait être associé à un certain passéisme. Mais c’est peut-être aussi un atout : celui de pouvoir justement inventer de nouveaux tours.
« Je l’ai choisi pour l’énergie qu ‘il transmet aux pièces, parce que ma céramique se veut un art du mouvement et du déséquilibre, qu’il me permet de multiplier les contradictions et d’intégrer à la fois lignes convenues et accidents. Je tourne d’ailleurs dans les deux sens que j’alterne, à la « japonaise » dans le sens des aiguilles d’une montre et dans le sens inverse. Je pense ainsi que la grâce et l’émotion ne sont pas dans la perfection mais dans la surprise, l’irrégularité voire la maladresse qui donnent sa force et sa vitalité à une œuvre. »
Le feu ensuite. Suivant la voie de Jean Girel, il construit en 2001 son
premier four à gaz. Là encore le four à gaz lui permet d’élargir
la palette de ses émaux en permettant le contrôle de l’atmosphère
interne du four. C’est un élément de vivacité et de complexité,
car les flammes provoquent à la fois l’unité et les accidents.
Le choix des formes enfin : malgré leur caractère abstrait, ses pièces renvoient toujours aux récipients. Mais c’est moins leur fonction qui lui importe que de parler un langage commun avec le spectateur et de retenir le regard, la main et l’esprit, d’inviter à la contemplation dans le cadre de rituels redécouverts.
